Matmati, Kamel

Chambre criminelle spécialisée du Tribunal de première instance de Gabès

Tunisie

January 28, 2020

Huitième audience

La séance a commencé vers 10h du matin avec la présence des représentants de la société civile, des journalistes et de la Présidente de l’IVD. Les avocats de la défense, la famille de la victime et l’accusé Samir Zaatouri étaient présents.

Après avoir donné la parole à la famille de la victime, qui a insisté sur la nécessité d’établir la vérité sur la mort de Kamel Matmati, la Cour a permis à l’accusé Zaatouri, directeur des services spéciaux à Gabès, de rendre son témoignage sans révéler son identité au public.

Après le rappel des charges et des faits, la Cour l’a interrogé sur sa relation avec les faits allégués de torture. L’accusé a nié ces charges en déclarant que les services spéciaux sont uniquement responsables de l’arrestation des accusés et de la rédaction des PV. Il a déclaré avoir pris connaissance des actes de torture après leur commission et d’avoir ensuite donné l’ordre d’ouvrir une enquête administrative. Il aurait aussi entendu tous les officiers du poste de police de Gabès et informé le Procureur de la mort suspecte de Matmati sans avoir une réponse de sa part. De plus, il aurait été victime de mesures disciplinaires pour ces faits et transféré à Bardo.

Après avoir entendu sa version des faits, la Cour est passée à l’audition de deux témoins.

Un premier témoin a affirmé avoir subi plusieurs actes de torture (crucifixion, flagellation) par la main de l’accusé Samir Zaatouri en 1993. Ceci a été nié par l’accusé, qui a déclaré ne pas être en service au poste de police de Gabès en 1993, à cause de son transfert à Bardo en juillet 1992. Il a soumis à la Cour un document prouvant la décision de permutation.

Le deuxième témoin a aussi affirmé avoir été torturé par l’accusé et par d’autres officiers de police, et il a déclaré que la victime Kamel Matmati serait morte suite aux actes de torture subis au poste de police de Gabès. Il a aussi souligné que l’accusé Zaatouri n’aurait pas directement commis des actes de torture mais que certainement il n’aurait pris aucune mesure pour les empêcher.

Le Procureur a demandé le report de la séance afin d’exécuter les mandats d’amener et pour ajouter au dossier l’acte de décès de Zine Abidine Ben Ali, accusé dans l’affaire en cours.

En attente de l’exécution des mandats, La Cour a levé la séance vers 14h50 et a ordonné le report de l’affaire au 21 avril 2020.