Avocats Sans Frontières dénonce avec fermeté le récent accord conclu entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis, facilitant le transfert de demandeur·euse·s d’asile détenu·e·s aux États-Unis vers la RDC.
Ces personnes ont fait l’objet de procédures dans le système d’immigration américain et ont vu leur demande d’asile rejetée. Elles ne peuvent toutefois pas être renvoyées dans leur pays d’origine en raison de risques graves de persécutions ou d’atteintes à leur intégrité. Le 17 avril 2026, un premier groupe de 15 personnes expulsées, toutes originaires d’Amérique latine, est arrivé à Kinshasa.
Depuis 2025, les États-Unis ont conclu plusieurs accords similaires visant à transférer des personnes expulsées vers des pays tiers avec lesquels elles n’ont aucun lien, et où les garanties en matière de protection des droits fondamentaux et de sécurité sont insuffisantes. Ces pratiques s’inscrivent dans une tendance plus large, observée également au sein de l’Union européenne, consistant à externaliser les politiques migratoires — une approche qu’Avocats Sans Frontières a déjà condamnée.
L’accord conclu avec la République démocratique du Congo constitue une forme inacceptable de marchandisation des migrants et demandeurs d’asile, et une manière cynique d’exercer des pressions sur des personnes vulnérables afin qu’elles acceptent des « retours volontaires ».
Les expulsions vers des pays tiers permettent aux États-Unis de contourner le principe de non-refoulement, consacré par le droit international — notamment la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés, la Convention contre la torture et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Ce principe interdit de transférer une personne vers un pays où elle risque des persécutions, des traitements inhumains ou de graves violations de ses droits fondamentaux.
En facilitant ces transferts, la République démocratique du Congo est susceptible d’engager sa propre responsabilité internationale. Cet accord ne constitue en aucun cas une réponse humanitaire, mais participe au contraire à une dynamique de violation des droits humains.
Avocats Sans Frontières appelle les autorités congolaises à suspendre immédiatement toute nouvelle arrivée de personnes migrantes ou demandeur·euse·s d’asile expulsé·e·s par les États-Unis, et à mettre fin à cet accord. Elle les exhorte également à garantir, sans délai, des mesures de protection effectives pour les 15 personnes déjà présentes sur le territoire, à clarifier leur statut juridique dans les plus brefs délais, et à s’abstenir de toute pression visant à imposer des « retours volontaires ».