Réaliser les droits des femmes survivantes de violences basées sur le genre (VBG) subies en milieu carcéral en République démocrtatique du Congo

Congo (République démocratique du)

  • Début : 1 janvier 2026
  • Durée : 2 ans
  • Partenaires : Fondation Panzi et Promotion des Droits de l’Homme et de la Justice (PRODHOJ)
  • Fiancement : Union européenne

Les différentes défaillances au sein de la chaîne pénale congolaise et le recours systématique au placement en détention mènent à une surpopulation carcérale extrême. Ce phénomène a pour conséquence directe que les détenu.e.s sont incarcéré.e.s dans des conditions inhumaines et dégradantes, causant de très nombreuses et très graves violations des droits humains.

Les événements de septembre 2024 à la prison centrale de Makala en constitue un exemple criant en atteignant un niveau de violence extrême.

Plus d’un an après ces événements, et malgré tous les appels à action et initiatives lancées, ASF constate que la plupart de femmes survivantes des événements de Makala ne sont toujours pas prises en charge correctement.

C’est pourquoi, il est urgent d’apporter une réponse médicale, psychologique, judiciaire adéquate et prioritaire aux femmes qui ont subi des violences sexuelles durant ces événements encore incarcérées à la prison centrale de Makala d’une part, et d’atteindre celles qui ont bénéficié des mesures de libération d’autre part.

En parallèle, des mesures plus structurelles doivent être mises en place pour juguler de manière durable la surpopulation carcérale et améliorer les conditions de vies des détenu.e.s, conformément aux recommandations du Policy Brief d’ASF d’octobre 2024 mis à jour en octobre 2025.

Dans le cadre de ce projet, ASF a l’opportunité de soutenir ces survivantes en vue de contribuer ainsi à leur réintégration au sein de leurs communautés respectives.

Ce projet est construit sur base de l’expérience et de l’expertise acquises par ASF depuis plus de deux décennies en RDC en général, et depuis l’implémentation des projets similaires ces deux dernières années (2024-2025). Dans ce projet, ASF et ses partenaires entendent apporter des éléments de réponse pertinentes et durables via le développement de deux axes prioritaires ci-après :

ASF et son partenaire PRODHOJ se donnent pour mission d’accompagner les femmes et filles en détention, en particulier les survivantes de violences sexuelles subies à la prison centrale de Makala afin qu’elles reçoivent une assistance juridique et judiciaire gratuite et de qualité visant à leur remise en liberté.

Pour y arriver, le projet prévoit de mener les principales actions suivantes :

  • Le monitoring ciblé des femmes et filles survivantes de violences sexuelles en situation de détention à la prison centrale de Makala (monitoring intra-muros) ;
  • Le monitoring ciblé des femmes et filles survivantes de violences sexuelles déjà relâchées de la prison centrale de Makala (monitoring extra-muros) ;
  • L’assistance judiciaire des femmes et filles survivantes de violences sexuelles toujours en détention à la prison centrale de Makala ; et
  • Les actions de plaidoyer auprès des autorités politiques, judiciaires et pénitentiaires visant la mise en liberté des femmes et filles survivantes de violences sexuelles à la prison centrale de Makala.

En outre, ASF et la Fondation Panzi se donnent pour mission d’accompagner les femmes et filles survivantes de violences sexuelles subies lors de leur détention à la prison centrale de Makala afin qu’elles bénéficient d’une prise en charge médico-psychologique et psychosociale de qualité leur permettant un retour en sécurité à la communauté.

Pour ce faire, les actions mises en œuvre tourneront autour :

  • Du déploiement d’une clinique mobile au pavillon des femmes de la prison centrale de Makala pour assurer l’évaluation de besoins médico-psychologiques et la prise en charge en urgence des cas les plus graves en détention ;
  • De la prise en charge médico-psychologique des femmes et filles survivantes post-détention au sein de la Clinique One Stop de la Fondation Panzi. A travers ce service, plusieurs options s’offrent aux femmes et filles : (i) un accueil en transit et espacés sécurisés, (ii) une prise en charge médico-psychologique d’urgence, (iii) une prise en charge médico-psychologique ambulatoire, et enfin (iv) une prise en charge chirurgicale ;
  • De la réinsertion socio-économique des survivantes ; et
  • De l’appui à la réinsertion familiale et rapatriement, voire relocalisation, des survivantes.
  • Le renforcement de la mise en œuvre des mécanismes de justice et de réparation en faveur des victimes de violences sexuelles

Au-delà de ce qui précède, ASF entend soutenir les actions menées par la société civile, des collectifs d’avocats et d’experts visant à faciliter le respect de l’état de droit au sein du système pénal et la réalisation des droits des survivantes de violences sexuelles.

C’est dans ce sens que les actions suivantes sont envisagées :

  • L’introduction et le suivi de contentieux stratégiques devant les juridictions et institutions nationales en responsabilité civile et administrative de l’Etat ;
  • L’accompagnement des survivantes dans la définition de leurs demandes de réparation pour les violences subies ;
  • Le plaidoyer et l’accompagnement juridique visant la matérialisation des mesures de réparation et d’accès à la justice pour les survivantes ; et
  • Le fonds pour assurer une prise en charge urgente.

Par leur action commune dans le cadre de ce projet, ASF et ses partenaires souhaitent ainsi contribuer à la réduction de violences basées sur le genre (VBG) en RDC, et plus particulièrement à Kinshasa, d’assurer une prise en charge holistique des survivant.e.s, ainsi que de garantir la mise en œuvre des mécanismes de justice et de réparation en faveur des victimes.

Ce projet est mis en œuvre à Kinshasa avec l’appui de l’Union européenne, en visant de manière spécifique le pavillon des femmes de la prison centrale de Makala. Il est d’une durée de 2 ans, prenant cours le 1er janvier 2026.