Journée internationale des avocat·e·s en danger : défendre celles et ceux qui nous défendent

Défenseur.e.s des droits humainsSécurité et libertés

Dans de nombreuses régions du monde, exercer la profession d’avocat·e peut exposer ses praticiennes et praticiens à des risques importants : menaces, harcèlement, arrestations arbitraires, poursuites abusives, violences physiques, voire assassinats.

Les avocat·e·s qui défendent les droits humains, l’État de droit et l’accès à la justice sont les plus pris·e·s pour cible. Leur engagement en faveur des libertés fondamentales de toutes et tous fait, de manière croissante, l’objet de mesures de répression de la part des autorités.

Pour Avocats Sans Frontières, la Journée internationale des avocat·e·s en danger est l’occasion de rappeler l’importance de protéger la profession. Cet engagement s’inscrit au cœur de notre mandat : protéger l’espace civique, soutenir les professionnel·le·s du droit et garantir que le droit reste un outil d’émancipation.

Des attaques systémiques contre la défense

Dans de nombreux contextes autoritaires ou fragilisés par les conflits, les avocat·e·s sont perçu·e·s comme des obstacles par le pouvoir en place. En défendant des opposant·e·s politiques, des journalistes, des défenseur·e·s des droits humains, des femmes, des personnes migrantes ou des communautés marginalisées, les avocat·e·s peuvent contrevenir aux intérêts des élites politiques et économiques.

Les atteintes à leur encontre peuvent prendre des formes multiples : lois liberticides criminalisant la profession, ingérences dans les ordres d’avocat·e·s, surveillance, campagnes de diffamation, détentions arbitraires ou restrictions à l’exercice du métier. Ces pratiques ne visent pas uniquement des individus : elles cherchent à affaiblir l’ensemble du système de justice et à dissuader toute contestation légale.

S’attaquer aux avocat·e·s, c’est s’attaquer au droit à un procès équitable, à l’égalité devant la loi et, in fine, à la démocratie.

Les femmes avocates, des cibles spécifiques

Les femmes avocates en danger subissent souvent une double violence. Aux risques liés à leur activité professionnelle s’ajoutent des formes de harcèlement sexiste, de menaces contre leur famille ou de stigmatisation sociale. Dans certains contextes, le simple fait pour une femme d’exercer comme avocate constitue un acte de résistance.

Une responsabilité collective

La Journée internationale des avocat·e·s en danger est aussi un appel à l’action. Les États ont l’obligation de garantir la sécurité des avocat·e·s et de respecter les Principes de base des Nations Unies relatifs au rôle du barreau. Les institutions internationales, les ordres professionnels, les universités et la société civile ont, eux aussi, un rôle essentiel à jouer.

C’est un enjeu qui appelle à une coopération internationale importante et volontaire de tou·te·s ces acteur·rice·s. Partout, il faut prendre position, offrir un accueil temporaire aux avocat·e·s menacé·e·s et soutenir politiquement et financièrement les organisations qui œuvrent à défendre les professionnel·le·s du droit sur le terrain.

Défendre les défenseur·e·s pour protéger le droit

En 2026, alors que les espaces civiques continuent de se rétrécir dans de nombreuses régions du monde, rappeler le rôle fondamental des avocat·e·s n’a jamais été aussi urgent. Leur protection n’est pas une cause corporatiste : elle est une condition indispensable au respect des droits humains et à la justice pour toutes et tous.

Avocats Sans Frontières restera mobilisée, aux côtés de ses partenaires, pour que celles et ceux qui défendent le droit ne soient jamais seul·e·s dans leur combat.

En cette Journée internationale des avocat·e·s en danger, réaffirmons-le clairement : sans avocat·e·s libres d’exercer leur profession, il ne peut y avoir de justice véritable.

Défendez les avocat·e·s en danger – Rejoignez le défi des droits humains de l’AIJA !

ASF est honorée que L’Association Internationale des Jeunes Avocats ait choisi de nous soutenir à l’occasion de la Journée de l’avocat en danger.

Les fonds récoltés seront utilisés pour défendre des avocat·e·s et défenseur·e·s des droits humains dans nos pays d’intervention.

Vous pouvez soutenir les avocat·e·s en danger en participant au défi lancé par l’AIJA.