ASF en Tunisie suspendue pendant 30 jours

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La suspension des activités d’Avocats Sans Frontières en Tunisie pendant 30 jours constitue un signal extrêmement préoccupant pour l’état des libertés associatives et de l’espace civique dans le pays.

Depuis plus de 15 ans, ASF œuvre aux côtés des acteur·rice·s tunisien·nes pour renforcer l’État de droit, promouvoir l’accès à la justice et défendre les droits humains. À travers son travail avec les institutions publiques, les avocat·e·s et la société civile, l’organisation a accompagné des milliers de personnes en situation de vulnérabilité et contribué à promouvoir les principes du procès équitable et d’une justice indépendante.

Cette décision de suspension, qu’ASF juge juridiquement infondée, s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions visant les organisations de la société civile tunisienne. Elle intervient après plusieurs années marquées par un rétrécissement progressif de l’espace civique, des pressions croissantes sur les défenseur·euse·es des droits humains, les avocat·e·s les journalistes et les organisations indépendantes.

Au-delà de l’impact institutionnel, cette suspension touche directement les équipes engagées sur le terrain, les partenaires locaux, mais surtout les centaines de personnes pour lesquelles l’aide juridique représente parfois le dernier recours.

Nous remercions du fond du cœur nos équipes pour leur engagement, tout comme les centaines de personnalités, associations, bénéficiaires et citoyen·ne·s ayant exprimé leur solidarité et leur soutien. Vos messages nous apportent force et réconfort dans cette période de doute et d’incertitude.

Nous exprimons également notre pleine solidarité avec toutes les organisations qui ont été la cible des mêmes mesures de restriction.

Face à cette situation, la solidarité est essentielle.

Soutenir les organisations de défense des droits humains, c’est défendre les principes fondamentaux de justice, de dignité et de liberté d’association.

ASF a annoncé exercer les voies de recours nécessaires pour contester cette décision et poursuivre son engagement en faveur de l’État de droit en Tunisie.